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le Vendredi 13 octobre 2006 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Divers

La réalité dépasse les souvenirs les plus coloré

La réalité dépasse les souvenirs les plus coloré
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Jeudi dernier, soit celui juste avant l’Action de grâces, je suis allée à Ogunquit avec des amis. Croyez-le ou non, je n’y étais jamais allée. Je suis déjà allée plus au sud, dans le coin d’Ocean City, mais jamais dans ce magnifique coin.

Quand j’étais jeune, les étés, on les passait sur le bord du Lac St-Jean, à cinq minutes de chez nous, et où on s’amusait ferme. Plus tard, d’autres mers m’ont attirée. Donc, cette longue fin de semaine était rêvée pour aller voir la mer et la nature.

Nous sommes donc partis par la Beauce. Le chemin est assez tortueux et peu large pendant plusieurs dizaines de kilomètres. Le clair d’une lune quasiment pleine nous éclairait les touffes d’arbres vraiment de toutes les couleurs. Mais comme il faisait noir, nous ne pouvions vraiment apprécier la beauté que la nature nous offrait.

Nous sommes donc arrivés assez tard sur le bord de la mer, et comme le voyage est tout de même assez long, nous devions attendre au lendemain pour aller admirer ce qui s’offrait à nous. Je suis certaine que plusieurs d’entre vous sont allés dans cette superbe région, et on pu admirer le coin. On ne met pas trop longtemps à comprendre pourquoi tant de gens riches (et célèbres) se sont installés là. C’est d’une beauté rare. En plus, vous pouvez imaginer avec les couleurs d’automne, sous un soleil brillant.

La première journée, le vent est tout de même assez froid et il faut bien se couvrir. On fait la marche le long de la mer, où un sentier pédestre a été aménagé. On longe la falaise où de grandes vagues viennent se briser aux rochers torturés. La mer est plutôt agitée, ce qui ajoute au côté sauvage du paysage. Tout le long du sentier, on longe des villas de riches, dont les aménagements paysagers sont magnifiquement adaptés à l’environnement. Les résidences sont magnifiques, sans être trop tape-à-l’oeil. Le bon goût, quoi!

Le lendemain, après une longue promenade sur le bord de mer, où la brise est beaucoup plus agréable que la veille, il est temps de reprendre la route. Nous sommes samedi. On nous avertit, à ’hôtel où nous sommes, que si nous pouvons aller voir le lever de lune, le soir même, le spectacle sera grandiose. Des photographes viennent immortaliser la levée de la lune sur la mer. Malheureusement, nous devons reprendre la route, mais ce n’est pas l’envie qui nous manque de rester. Nous décidons de prendre la route allant vers les Cantons de l’Est et passant par le mont Washington. Quelle bonne idée nous avons eu là!

Les hautes montagnes ont l’air d’un doux tapis multicolore. (Il fallait que je plogue ce mot, car quand on était jeune et qu’il fallait faire une composition sur l’automne, toujours ce mot revenait. Je n’allais pas passer à côté, vous imaginez bien). Les couleurs vives de l’automne sont au rendez-vous et je vois bien que la réalité dépasse mes souvenirs les plus colorés. Par contre, car il y a toujours un par contre ou un mais à quelque part, la file de voitures est sans fin, et pendant des kilomètres, c’est à la queue leu leu qu’on roule. Il faut redoubler de vigilance, mais la lenteur du trafic nous permet d’admirer le paysage à souhait.

J’avais oublié à quel point c’était magnifique de se retrouver dans ces paysages impressionnistes, où on a l’impression de se fondre dans un tableau. J’avais oublié à quel point la nature éclate de tous ses feux et que dans peu de temps, tout ça ne demeurerait qu’un souvenir. J’avais oublié un peu les joies de l’automne et le plaisir de marcher dans les feuilles mortes qui crissent sous les pas.

Je sais, je sais, à Yellowknife, on a aussi un automne très court, mais si court qu’on oublie un peu tout ce dont je viens de vous parler. On sait que le premier vent fait voler toutes ces feuilles jaunes. J’avais oublié que les érables donnent ces feuilles si rouges et si brillantes. Je comprends maintenant, pourquoi les Européens préfèrent l’automne pour venir au Québec, et dans le Maine, et dans le Vermont. C’est à cause de nos érables.

J’espère que j’ai réussi à faire revivre chez vous de bons souvenirs. Je veux profiter de cet article pour vous souhaiter un bel automne, que je vous souhaite ensoleillé. C’est une belle saison dans le nord également, je m’en souviens bien; une saison qui ramène la luminosité des ciels de ce bleu si profond et les aurores boréales. Ce n’est pas rien. Je voulais raviver des souvenirs chez vous comme les miens se sont ravivés par toutes ces beautés. À la prochaine fois!