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le Vendredi 8 septembre 2006 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Divers

CHRONIQUE TNO SANTÉ À 9 h 09, le neuvième jour du neuvième mois

CHRONIQUE TNO SANTÉ À 9 h 09, le neuvième jour du neuvième mois
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Chaque année le 9 septembre, les populations de tous les pays observent un moment de silence pour la Journée internationale de sensibilisation au syndrome d’alcoolisme fœtal. Les pays, États, provinces et villes du monde entier émettent des déclarations à ce sujet et font sonner les cloches à 9 h 09, dans tous les fuseaux horaires de la Nouvelle-Zélande à l’Alaska.

C’est à cette date que l’on invite la population canadienne à réfléchir sur l’importance de ne pas boire d’alcool pendant la grossesse. C’est également le moment de penser aux millions de personnes qui luttent chaque jour contre les effets débilitants du syndrome d’alcoolisme fœtal.

Alcool : le foetus préfère l’abstinence Toxique pour l’adulte, l’alcool l’est encore plus pour le foetus. S’il n’existe pas de correspondance mathématique entre le degré d’alcoolisme de la mère et les risques pour l’enfant, on sait qu’une consommation élevée entraîne des complications fréquentes et graves. Il apparaît même que des consommations modérées sont loin d’être anodines. L’alcool, comme de nombreuses substances, traverse le placenta, pour passer de la circulation sanguine de la mère à celle de l’enfant. Ainsi, on conçoit facilement que l’absorption de boissons alcoolisées pendant la grossesse n’est pas particulièrement favorable au système nerveux et aux autres tissus du foetus en développement.

Des malformations caractéristiques

Les risques sont majeurs au cours du premier trimestre de la grossesse, lorsque les organes sont en formation. Les conséquences de l’alcoolisme de la mère peuvent se traduire par une fausse couche ou un syndrome d’alcoolisme foetal associant différentes malformations congénitales. L’aspect du visage est souvent caractéristique, avec un nez court et retroussé, la racine du nez aplatie, la lèvre supérieure courte, la mâchoire inférieure en retrait, les yeux petits avec un épicanthus (repli de la peau recouvrant l’extrémité interne de l’oeil) et un petit tour de tête. Cet aspect persiste à l’âge adulte, de même que la petite taille. Des malformations cardiaques sont fréquentes, de même que des malformations des organes génitaux et des articulations. Enfin, un retard mental est souvent présent : le syndrome d’alcoolisme serait la troisième cause de retard mental d’origine congénitale.

Un risque pour les neurones

Il est important de préciser que ces anomalies ne sont pas héréditaires. Si la personne ne boit pas elle-même, elle n’a aucun risque de transmettre ces malformations à sa descendance. Le plus souvent les mères d’enfants atteints de syndrome d’alcoolisme foetal buvaient plus de cinq ou six verres par jour au début de leur grossesse. À partir de dix verres, les risques deviennent très élevés (30 à 40).

Au deuxième et au troisième trimestre de la grossesse, l’alcool ne provoque pas de malformations, mais peut être responsable d’un retard de croissance et d’un accouchement prématuré. Il exerce de plus un effet toxique sur les neurones, qui peut entraîner des altérations du développement psychomoteur, avec des troubles du comportement et un déficit intellectuel.

Pas de consommation régulière

Qu’en est-il d’une consommation modérée d’alcool ? Devant l’impossibilité d’établir une dose minimale en deçà de laquelle l’alcool serait sans danger pour le foetus, les spécialistes préfèrent généralement recommander aux femmes enceintes d’éviter de boire régulièrement ou de faire des excès, même isolés. Aucune étude, chez la femme, ne permet d’affirmer que boire un verre de vin par jour nuit au foetus, cependant des expériences chez l’animal indiquent que des consommations quotidiennes équivalentes à un ou deux verres peuvent entraîner une altération du développement moteur et une diminution des capacités d’apprentissage.

Comme pour le tabac, l’abstinence semble donc préférable, même s’il ne faut certainement pas culpabiliser si l’on boit, en quantité raisonnable, de temps à autre. Rien ne vous empêche donc de fêter ce merveilleux événement autour d’une coupe de champagne… à condition de ne pas en abuser.

Aider les femmes à vivre leur grossesse sans alcool!

  • Ne buvez pas d’alcool en présence de femmes enceintes.
  • Offrez des boissons non alcoolisées aux fêtes que vous organisez.
  • Rassemblez-vous à la maison ou dans les cafés au lieu de vous réunir dans un bar.
  • Ne dites jamais à une femme enceinte « qu’un petit verre ne peut pas lui faire de tort ».

Source : http://www.canadian-health-network.ca/