Comme vous l’aurez sans doute constaté, j’ai pris quelques semaines de congé pour m’installer dans mes nouveaux quartiers généraux situés dans la belle ville de Québec.
Le retour ne fut pas de tout repos.
Tout d’abord, j’ai traversé le Canada dans sa quasi-entièreté, de Yellowknife à Québec, un périple de près de 6000 kilomètres, que j’ai parcouru en six jours, soit plus ou moins 1000 kilomètres par jour. Comme j’étais seule, on peut dire que ça faisait de longues journées de conduite.
Mais quel plaisir! J’adore conduire, et cette longue balade, au début de juin s’est avérée très bénéfique. Elle m’as permis de tout doucement m’éloigner de Yellowknife, ville où j’ai passé tant de belles années. J’aurais pu partir en avion, mais le choc aurait été trop raide.
Je me suis donc attelée à la tâche, et le voyage s’est révélé des plus agréables. J’ai eu mon premier choc en entrant au Québec, en provenance d’Ottawa. C’est à ce moment que j’ai découvert que les Québécois conduisent… très vite, mal, collent dans le derrière, dépassent les limites de vitesse, font des dépassements dangereux, s’impatientent, etc.
Au début, j’ai attribué à ma fatigue cette perception de la conduite de mes compatriotes si je peux ainsi m’exprimer, pour vite me rendre compte que la fatigue n’était en rien responsable de cet état de fait. Les gens conduisent vraiment mal. Pas surprenant le nombre d’accidents, malheureusement souvent mortels, qui se produisent sur les routes de la belle Province.
Donc, premier irritant, la façon de conduire. Deuxième irritant : la bureaucratie. Imaginez toutes les démarches auxquelles il faut se prêter quand on change de province ou de territoire : changement de permis de conduire, de carte d’assurance-maladie, d’assurance pour la voiture, la maison, etc.
Je me suis donc attelée au téléphone pour me renseigner où me rendre et dans quel ordre. Ça ne finissait plus. Quand vous revenez au Québec, vous devez faire passer une inspection complète de votre voiture. Et pas question de tricher ou de cacher quoi que ce soit. Vous ne choisissez pas où vous devez faire ces inspections, le gouvernement a choisi pour vous. J’ai donc dû changer mon pare-brise (heureusement que j’avais déjà prévu le faire, sinon, j’aurais fait une apoplexie), et trouver le trouble du coussin gonflable du côté du chauffeur. Vous voyez mes craintes, avec le fameux coussin gonflable. Le genre de truc qui peut facilement vous coûter un bras. Fort heureusement, le problème était mineur, et muni de mon nouveau pare-brise et d’une preuve du fonctionnement de mon coussin gonflable, j’ai pu obtenir une attestation prouvant que mon véhicule avait maintenant le droit de circuler sur les nids-de-poules du Québec en toute légalité. Je pouvais donc aller me taper la queue au bureau des véhicules automobiles pour me procurer mon nouveau permis de conduire et mes nouveau enregistrements.
Je n’ai pas pu faire les deux en même temps. J’ai donc obtenu mes enregistrements d’abord. Imaginez que ma nouvelle plaque commence par 920. C’est du prédestiné, non, pour quelqu’un qui a déjà habité à Yellowknife! Mais bon, je continue. Donc, j’ai de nouvelles plaques, mais j’ai encore les assurances de Yellowknife. Le lendemain, j’appelle pour avoir de nouvelles assurances du Québec. J’ai dû déblatérer pendant près d’une heure, car la préposée prétendait que comme j’avais été illégale en conduisant avec des plaques du Québec, mais des assurances de Yellowknife, elle ne pouvait pas m’assurer. Je vous jure, j’ai passé à un cheveu de grimper dans mes beaux rideaux neufs. Mais finalement, elle a fini par comprendre le bon sens, et j’ai eu des assurances. Restait le permis de conduire et la carte d’assurance-maladie. Il faut des photos pour les deux, mais pas le droit de se faire photographier au même endroit pour les deux cartes. Il faut donc aller à un endroit pour la carte d’assurance-maladie et à un autre pour le permis de conduire. Et les preuves de résidence et d’identité sont différentes pour les deux cartes. Allez donc y comprendre quelque chose. Mais bon, j’ai mon nouveau permis de conduire, et je suis supposée recevoir ma carte d’assurance-maladie la semaine prochaine. Mon installation est donc pratiquement terminée. C’est vrai qu’il faut encore que je déménage des pénates que j’avais laissées il y a 16 ans à Montréal, et qui sont demeurées dans le sous-sol d’une amie depuis. Mais il faut ce qu’il faut. Quand j’aurai fini de défaire ces boîtes à surprise (au bout de seize ans, imaginez un peu), on pourra dire que je suis définitivement installée.
Je peux vous assurer que je n’ai pas arrêté un instant depuis que je suis partie du Nord. Ma vie est un feu roulant. J’adore! Et j’ai rencontré des gens de Yellowknife qui sont venus. Ça aussi, j’adore.
On peut dire qu’il ne se passe pas de journée sans que je pense à là-haut, entre autre quand je regarde la météo à Radio-Canada. Par contre, je suis contente d’être à Québec. Quelle belle ville! Je ne cesse de m’émerveiller. Mais ça c’est une autre histoire. Il faut bien que je me garde des choses à vous raconter, pour meubler les longues soirées d’hiver au coin du feu.
Salut, désolée d’avoir pris tant de temps à donner signe de vie. Je devrais maintenant être plus assidue. Que voulez-vous, ce sont de gros changements qui se sont produits dans ma vie.
Bon automne!
genevharvey@yahoo.com