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le Vendredi 12 mai 2006 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Divers

Gros ballon, petite ligue

Gros ballon, petite ligue
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Chaque mercredi soir, ils sont une quinzaine de francophones à se réunir à l’école J. H. Sissons de Yellowknife pour jouer au kin-ball.

Au kin-ball ? Qu’ossé ça?

« C’est un sport inventé au Québec, il y a quelques années dans le cadre d’un cours d’éducation physique », explique Stéphane Sévigny, fondateur du club de kin-ball et joueur de la première heure.

Le sport a été inventé en 1986 par Mario Demers qui désirait créer une activité physique amusante qui mette en valeur l’esprit d’équipe, la coopération, la santé et l’esprit sportif. Vingt ans plus tard, ce sport canadien est pratiqué dans une dizaine de pays et compte près de 4 millions d’adeptes, à travers le monde.

Le kin-ball se joue avec un gros ballon. Un très très gros ballon. Il fait 1,22 mètres (4 pieds) de diamètre, mais ne pèse à peine plus d’un kilogramme. Il y aurait assez d’espace à l’intérieur pour que vous vous y cachiez, vous et votre amoureux.

À part cet accessoire insolite, il ne vous faut que des dossards et une bonne paire d’espadrilles pour jouer. « Il n’y a pas de buts. Il n’y a pas de filet », énumère Sévigny.

Dans une partie, trois équipes de quatre joueurs s’affrontent en même temps. Comme au volley-ball, l’objectif de la partie consiste à conserver dans le ballon dans les airs. Quand le ballon touche le sol ou qu’il sort des limites du terrain, l’équipe qui l’a échappé commet une faute et les deux autres équipes marquent un point.

Quand une équipe est en possession du ballon, les joueurs se réunissent dessous pour le tenir et l’un d’entre eux effectue le service. Il frappe le ballon après avoir hurlé « Omnikin! » suivi de la couleur du dossard de l’équipe à qui le service est destiné. L’équipe désignée doit alors, à son tour, attraper l’énorme sphère et le manège recommence.

Pour le néophyte, il peut être un peu déconcertant d’entendre pour la première fois les joueurs de ce drôle de sport crier, sans raison apparente, un mot qui n’existe pas. « Omnikin, explique Stéphane Sévigny, vient du grec omni, qui signifie tous, et kinos, le mouvement. Alors ça veut dire « tous les joueurs en mouvement » » C’est aussi le nom de la compagnie qui confectionne les ballons officiels de kin-ball et qui a été fondée par les inventeurs du jeu. Brillante mise en marché : inventer un sport dont les règlements stipulent qu’on doit, à chaque mise au jeu, répéter la raison sociale de son entreprise.

Une des grandes forces de ce jeu est qu’il force l’intégration des joueurs. Puisque le ballon est très gros, il est difficile de le tenir seul, à bout de bras. Vous avez besoin de vos coéquipiers. D’ailleurs, au moment du service, il est obligatoire que les quatre joueurs de l’équipe soient en contact avec le ballon. Donc, tout le monde est assuré de toucher au ballon, au moins deux jeux sur trois.

« Même si un de vos co-équipiers est moins en forme que les autres, il va jouer autant que tous les autres. Vous devrez adapter votre stratégie à ses capacités », indique Sévigny qui enseigne lui-même le kin-ball à ses élèves de l’école William Macdonald.

C’est également un sport mixte. Pas de sexisme! « Pour l’instant on est plus comme une ligue de garage », lance le professeur pour décrire la petite gang de kin-balleurs qui courrent dans le gymnase de l’école Sissons, une fois par semaine. « On joue juste pour s’amuser. »

Mais il nourrit de plus grandes ambitions. « Ça fait plusieurs années que je veux partir une association de kin-ball », dit-il. Il espère recruter de nouvelles équipes et créer un chapitre des Territoires du Nord-Ouest à la Fédération canadienne de kin-ball.

D’après lui les TNO ont ce qu’il faut pour soutenir une telle organisation. Il note que le kin-ball est enseigné dans les trois commissions scolaires de Yellowknife et que, lors des deux dernières éditions des Jeux de l’Alberta, les TNO étaient représentés dans cette discipline.

En attendant, les francophones sont tous les bienvenus aux parties amicales hebdomadaires. Ça se passe le mercredi, à l’école J. H. Sissons, à 20 h. Il ne reste plus que quelques parties avant la relâche de l’été, mais la ligue reprendra du service en septembre.

« En une séance, tu sais jouer », assure le coach.