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le Vendredi 28 avril 2006 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Culture

L’art thérapeutique

L’art thérapeutique
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Marie-Christine Aubrey n’a pas décidé de se mettre à la couture en se levant un bon matin. Les circonstances de sa vie l’ont mené vers l’art de la courtepointe.

« Il fallait bien que je me garde occupée » lance Aubry « j’ai du passer trois mois dans une chaise roulante. »

Et c’est comme ça que tout a commencé. D’abord, un peu de tricots pour passer le temps; puis, une amie, le docteur Benson, l’ invite au club de courtepointe de Fort Smith.

« Je me souviens la première fois que j’y suis allée, j’ai été tellement intimidée par toutes ces femmes qui connaissaient la couture, » dit Aubry. « Je me suis dit qu’elles ne me reverraient pas de sitôt. » Heureusement, Aubrey avait le docteur Benson pour croire en elle et l’encourager à continuer. Dès la première année, Aubrey commence à exposer ses œuvres. Elle fait ses débuts à Fort Smith au musée Northern Lights.

Étonnamment pour certains, la courtepointe a d’autres fonctions que de nous tenir au chaud durant ces longs froids mois d’hiver nordiques. La vérité, c’est que l’art de la courtepointe existe depuis quelques siècles. Importé au nord par les Européens, il s’est depuis frayé une place de choix dans le cœur des citoyens de Fort Smith. Ici, le club de courtepointe existe depuis plus de 10 ans et compte une trentaine de membres. Pour Marie-Christine, cette année sera la sixième dévouée à cet art.

Ce qui charme Aubrey, c’est d’abord la précision et le côté mathématiques de la création. Puis, elle y découvre un calme et une liberté qui s’avèreront des plus rafraîchissants. Un simple regard aux œuvres d’Aubrey suffit à saisir les efforts et la créativité nécessaire à de telles réalisations.

Au cours de ces années de création, bien des événements sont venu modifier son art. D’abord inspirées par l’inconnu, ses œuvres étaient plus rigides, puis une grande épreuve, le cancer, l’a plongée dans un art tourmenté et sombre jusqu’au jour où elle décide de voir son cancer sous un jour nouveau.

Aujourd’hui on assiste à une renaissance de son style. Fidèle à elle-même, son art reflète sa rémission. Ses couleurs sont maintenant plus vives et ses oeuvres plus cocasses et imaginatifs.

Présentement, Aubrey n’a pas le privilège de vivre de son art. Elle travaille à l’hôpital de Fort Smith en tant que secrétaire médicale. Elle souhaite un jour pouvoir consacrer plus de temps à ses œuvres.

Très bientôt, en mai, l’institut du cancer d’Edmonton lancera un recueil d’art littéraire et visuel comprenant deux des œuvres d’Aubrey. De quoi démontrer l’interrelation entre sa maladie et son art.

« La courtepointe c’est comme la musique, c’est très thérapeutique, » lance Aubrey. « Ça m’a permis de m’évader et de me détendre. »

En plus de travailler, de créer, de jouer son rôle d’épouse de mère et de grand-mère, Aubrey prend le temps de s’impliquer dans des causes qui lui tiennent à cœur. Par exemple, elle sera l’invitée d’honneur du relais pour la vie de la société canadienne du cancer qui aura lieu à Fort Smith, le 9 juin prochain.

Tous ces gens qui courront pendant 12 heures sur la piste d’athlétisme inspireront peut-être Aubrey dans la création de sa prochaine courtepointe!