Même si plusieurs perçoivent la course dans Western Arctic comme une lutte à finir entre libéraux et néo-démocrates, le candidat conservateur, Richard Edjericon, veut s’imposer comme une option tangible.
« Je vise une victoire », dit avec aplomb cet ancien chef des Dénés Yellowknives.
À son avis, après 17 ans de règne libéral, les Ténois sont mûrs pour du changement. Il estime que la libérale Éthel Blondin-Andrew est plus près des intérêts de son parti « corrompu » que de ceux de ces concitoyens.
« Ethel, dit-il, continue de suivre la ligne de parti dans des dossiers qui ne sont pas dans l’intérêt du Nord. » Il cite en exemple la Loi sur l’enregistrement des armes à feu, le mariage des conjoints de même sexe et la nomination « partisane » de Todd Burlingame à l’Office de la terre et des eaux de la vallée du Mackenzie.
Quant au néo-démocrate Dennis Bevington, Edjericon n’a rien à lui reprocher sinon qu’il « ne sera jamais au pouvoir ». « Regardez les choses en face, tonne-t-il, le NPD c’est le quatrième parti à Ottawa. Voulez-vous vraiment d’un candidat de quatrième place ? Moi et le Parti conservateur nous offrons un vrai changement. »
Sur la question de la dévolution et du partage des revenus provenant des ressources, Edjericon se dit très au fait du dossier. « Quand j’étais chef [des Dénés Yellowknives] je siégeais à la table de négociations en tant que représentant de la nation Akaitcho », rappelle-t-il.
« Les conservateurs sont clairs : nous accomplirons la dévolution et le partage des revenus avant la fin de ce mandat », ajoute-t-il.
Le Parti conservateur est le seul parti qui ait voté contre l’Accord tlicho. En tant que leader d’une nation qui n’a toujours pas conclu d’accord sur ses revendications territoriales, comment peut-il appuyer l’équipe Harper ? Un peu déstabilisé par cette question, le candidat conservateur soutient que les conservateurs sont favorables aux revendications territoriales des autochtones et que l’opposition à l’Accord tlicho était exceptionnelle et ne concernait que « certains points de désaccords spécifiques ».
Il rudoie surtout les libéraux qui, dit-il, « n’ont, en 12 ans d’exercice, pas réussi à conclure un très grand nombre d’accords. » C’était le Parti conservateur qui formait le gouvernement quand les accords sur les revendications des Gwich’In et du Sahtu ont été conclus, rappelle-t-il.
Multiculturalisme
Questionné sur ce qu’il avait à offrir aux francophones, Edjericon fait l’apologie du multiculturalisme.
« Les Territoires du Nord-Ouest sont une collectivité unique, dit-il, nous avons une population très multiculturelle qui comprend des peuples autochtones, des Canadiens de toutes origines, une importante communauté philippine et des francophones bien entendu. »
Il juge que la présence d’écoles francophones aux TNO démontre bien que nous sommes une société ouverte. « Je souhaite continuer de valoriser le multiculturalisme et le respect des droits linguistiques », dit-il.
Il estime en outre que les francophones sont « des leaders en matière de préservation de la langue et de la culture » et que les Autochtones gagneraient à les prendre en exemple.
En expliquant qu’il souhaite être un député près de ces concitoyens il affirme vouloir rencontrer « le plus souvent possible » les différents groupes de la mosaïque culturelle des TNO, parmi laquelle les francophones. Dans cette même optique il propose de tenir sur une base régulière des assemblées publiques pour prendre le pouls de la population.
Projet gazier
Edjericon se présente comme un supporter indéfectible du Projet gazier du Mackenzie. « Mais nous devons nous assurer que ce projet profite d’abord aux gens d’ici », précise-t-il.
À cette égard il rappelle qu’il a participé à la création du Aboriginal Pipeline Group, cette corporation détenue par les Inuvialuits, les Premières nations du Sahtu et les Gwich’in qui détient un tiers du consortium gazier.
Il souhaite aussi agir pour répondre « aux impacts sociaux qui accompagneront certainement le projet ». À cet effet, il promet de sécuriser le demi-milliard de dollars promis par les libéraux au printemps dernier. Il estime, en outre, que 500 millions de dollars sur dix ans est une somme suffisante si distribuée directement aux communautés de la vallée du Mackenzie.
Il dit vouloir travailler avec les Premières nations du Deh cho afin qu’elles concluent à leur tour une entente sur l’accès à leurs terres. « Je ne sais pas où ils en sont dans les négociations, mais je suis persuadé que si une entente était conclue ce serait une situation gagant-gagnant.
Edjericon n’a pas voulu préciser s’il était en faveur d’entamer la mise en chantier du pipeline avant la conclusion d’une entente sur les revendications territoriales du Deh cho.