La dernière fois, je vous avais laissée avec des pensées de désert. Je dois vous dire que depuis mon retour, je suis hantée par la pensée du désert. Je rêve d’y retourner. Je vous avoue que je n’ai pas vu grand-chose et que je n’ai pas vraiment eu le temps de me laisser imprégner par cette beauté de la nature, mais on dirait que l’effet à été instantané. Je rêve d’y retourner.
Mais je dois maintenant laisser le désert de sable et me diriger vers Tozeur, une ville également située aux confins du désert, mais du côté ouest de la Tunisie. De là, on se dirige dans les oasis de montagne. Vertigineux! Sublime. Cachés derrière les parois rocheuses, ces oasis impressionnent. Et c’est là qu’on trouve des palmiers à citrons! Des palmiers à citrons, me direz-vous, ça n’existe pas. Eh bien! détrompez-vous. Ça existe bel et bien, des palmiers à six troncs. Je vous ai bien eu, n’est-ce pas?
Et dans le coin de Tozeur, on se gave de dattes. Les dattes qui poussent près du désert sont les meilleures, car le peu d’eau qu’elles reçoivent ne contient absolument pas de sel, alors que les dattes qui poussent près de la mer, un peu plus au nord, sur le côté est du pays, contiennent trop de sel et ne sont pas très bonnes et servent plutôt à nourrir les animaux.
Je vous jure, une bonne datte fraîchement cueillie, encore chaude de la chaleur du soleil, c’est dur à battre! Et que dire des petites mandarines. Je vous en passe un papier.
En allant vers les oasis de montagnes, nous sommes à deux kilomètres de la frontière algérienne. Les barrages de policiers sont nombreux. On protège les frontières. La chaîne de montagnes de l’Atlas sert de barrière naturelle. Pour se rendre aux oasis, on doit encore une fois traverser un désert de sel. Ces grandes étendues salées sont les endroits les plus arides sur terre. Rien n’y pousse, rien n’y vit. C’est le domaine du sel. On sent la gorge nous serrer par la soif. Vite on se précipite sur notre bouteille d’eau pour chasser cette impression d’étouffement. Mais le coup d’oeil est magnifique. Saviez-vous que le plus grand lac salé au monde est Salt Lake aux États-Unis? Eh oui! Et le deuxième plus grand lac, il se trouve en Tunisie, du côté est du pays.
Une fois le petit lac salé passé, de grandes étendues mi-sable, mi-pousses désertiques reprennent le pas. C’est là qu’on voit d’immenses troupeaux de dromadaires. Il s’agit de dromadaires femelles. Jamais (ou à peu près) les mâles et les femelles sont en présence les uns des autres. Seulement quelques grands mâles reproducteurs sailliront les femelles et les autres dromadaires devront se passer de relations avec des femelles. L’histoire ne dit pas si le taux d’homosexualité est très élevé chez cet animal, mais je parierais que oui. Mais c’est là une autre histoire dans laquelle je préfère ne pas m’embarquer.
Parlant du dromadaire, ce n’est pas dans sa bosse qu’il emmagasine ses provisions d’eau. Si c’est ce que vous croyiez, détrompez-vous. C’est dans son long cou que se trouve sa réserve d’eau. La bosse est un amas de graisse. Intéressant, n’est-ce pas! Et oui, dans les villes et villages avoisinants du désert, on mange du dromadaire. Bien sûr, on ne tue pas cet animal utile pour le manger, mais quand il meurt de sa belle mort, on le mange. Naturel! Pourquoi on le jetterait? Mais rassurez-vous! Si vous allez dans ce pays, on ne donne pas de viande de dromadaire aux touristes. C’est une viande qui est mangée par les gens du pays. Et pour ceux qui seraient curieux d’essayer, je n’ai aucun truc à vous donner.
Je vous dirais plutôt de vous contenter de la bonne bouffe qu’on vous sert un peu partout dans ce pays. Le couscous est tout bonnement délicieux, et accompagné par des merguez, miam! Un délice! Le couscous fait partie de mes favoris entre tous. Donc, je ne suis pas allée en Tunisie pour maigrir. La nourriture est également très influencée par la France, car ce pays a occupé la Tunisie jusqu’en 1956, et cela se voit un peu partout, mais surtout dans la cuisine. Le pain baguette est à l’honneur partout et fait autant partie de la vie quotidienne là-bas que chez les cousins français.
Et tout doucement, nous remontons vers le Nord, laissant derrière nous le Sahara et ses dromadaires. Peu à peu, la verdure reprend le dessus, les arbres fruitiers s’imposent, la sécheresse est bien loin derrière nous. Les vignobles succèdent aux vignobles, les palmiers à six troncs aux citronniers. C’est l’abondance. Les troupeaux de chèvres et de moutons et leurs bergers se font de plus en plus rares. Le règne du désert est terminé.
Et c’est le coeur un peu lourd que je repense au désert. Et comme je vous le laissais entendre un peu la dernière fois, le grand désert blanc du nord a beaucoup de ressemblances avec le grand désert de sable. Pas étonnant que l’impression soit si nette et l’attirance si forte.
Sur ces paroles, je vous laisse pour aller rêver de désert et de Bédouins, de sable et de Touaregs, de roches et de dromadaires. Je sais, je sais. Il faut en revenir. Ne vous en faites pas, je me suis retrempée juste pour vous donner un avant-goût. Mais ne craignez rien. J’ai les deux pieds bien ancrés dans la neige, et j’en profite pour vous souhaiter de Joyeuses Fêtes! Je remercie ceux d’entre vous qui prennent le temps de me lire et qui en retirent encore du plaisir. C’est pour vous que je laisse libre cours à mon imagination.
J’espère que l’année qui vient vous apportera santé et bonheur. À l’an prochain!