Fort Smith – Je n’aurais jamais cru que sortir les vidanges pourrait devenir une tache domestique des plus stressantes ! Oui, c’est parfois frustrant et puant de sortir chaque semaine nos déchets. Mais la tache prend une tout autre ampleur quand, sorti de nulle part, les corbeaux voraces se mettent de la partie. Mêmes les sacs Glad ne peuvent résister aux becs pointus des corbeaux du Nord. En groupe, ils peuvent venir à bout de n’importe quelles poubelles. Je comprends mieux maintenant pourquoi certaines personnes ont choisi de bâtir une forteresse à poubelle au bord de la rue. Ne vous méprenez pas, je n’ai rien contre ces oiseaux, ce sont des êtres merveilleux! En fait, j’ai même décide de les rebaptiser « les Vautours du nord ».
L’autre jour, je rentrais à peine dans la maison, après avoir déposé un sac à vidange dans la poubelle métallique, que déjà j’entendais des battements d’ailes derrière moi. En me retournant j’ai vu trois gros oiseaux noirs en train de perforer mon sac à vidanges à grands coups de bec; j’avais oublié de mettre la roche sur le couvercle. Après cet incident, je croyais avoir appris ma leçon. Dans les semaines qui suivirent, chaque sortie de poubelles étaient faites avec la plus grande attention. Je suivais la routine sacrée anti-corbeaux; les sacs bien noués et les couvercles fermés, quasi scellés. Mais, malgré les efforts, la malédiction des corbeaux s’est abattue sur moi une deuxième fois. J’avais entendu parler de ces vautours bien avant de sortir mon premier sac de poubelle, mais je n’étais pas préparé à l’humiliation de voir tous mes déchets éparpillés dans la cour avant.
C’était un jeudi soir vers sept heures. Je rentrais extenuée après une longue journée de travail. Je pédalais de peine et de misère sur une route enneigée quand soudainement, levant les yeux, j’aperçus un amas de déchets étalés dans toute la cour et même une partie de la rue. Mon menu de la semaine étendu à la vue de tous. C’est avec beaucoup d’humilité et de frustration intérieure que j’ai raclé tous les déchets de la cour pour ensuite les rejeter dans un sac noir qui fut remis aussitôt dans la poubelle. Mais ce n’était la fin de ma peine. Le stress m’a hanté durant quatre jours jusqu’à la prochaine cueillette des ordures ménagères. Après tout comment savoir si la menace des corbeaux du Nord allait frapper à nouveaux. Je n’avais aucune certitude… Encore aujourd’hui je crains le mardi et le jeudi, ces deux jours maudit, où il faut sortir les vidanges et prier pour ne pas se les faire voler par les corbeaux!