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le Vendredi 9 Décembre 2005 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Divers

De retour au bercail!

De retour au bercail!
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Le retour s’est effectué de façon beaucoup plus facile que je ne le craignais. En effet, j’avais peur qu’il fasse –40, avec de grands vents, et tout le tralala, si vous voyez ce que je veux dire, et qu’elle ne fut ma surprise de réaliser qu’il ne faisait pas froid à Yellowknife. Je suis partie de Tunis à +14, passée par Paris où il faisait +6, transité par Montréal, où avec le facteur vent, il faisait –18, fait un saut de puce à Toronto où le mercure indiquait –6, et +8 à Edmonton (où, en passant, il n’y avait même pas un brin de neige), pour enfin toucher terre pour de bon à Yellowknife où il faisait –6. Je vous ai fait, sans le vouloir, un tour de la température d’une bonne partie de la boule. Et voilà pourquoi ce petit –6 a simplifié mon retour.

La Tunisie est un petit pays qui m’a séduite au plus haut point. La diversification des paysages, le climat méditerranéen, la gentillesse de ses habitants, la bonne bouffe locale, la langue française parlée par tous ses habitants, la mer, le désert. Que faudrait-il d’autre pour charmer? Pour ma part, c’était parfait.

Certains d’entre vous ont dû visiter ce pays. Ils savent de quoi je parle.

Sur notre parcours sur la voie romaine, qui, à une époque révolue, faisait de Rome au Caire, l’histoire nous envahit, s’impose. Les millions d’oliviers captent toute notre attention sur des kilomètres et des kilomètres.

Ces arbres ont tellement de particularités qu’ils nous fascinent. Les oliviers poussent un peu partout, même dans une terre sablonneuse, quasi jamais arrosée. Ils peuvent se passer d’eau jusqu’à cinq ans. Et produisent toujours. Certains d’entre eux atteignent l’âge vénérable de 1 500 ans et sont remplis de ces jolis petits fruits délicieux! Il n’en faut pas plus pour nous faire apprécier ces arbres qui déjà nous avaient charmés par leur forme.

Et c’est là qu’on a appris qu’on ne mange pas les olives dès qu’elles sont cueillies. Il faut les faire macérer dans un genre de saumure pendant au moins une vingtaine de jours pour qu’elles soient mangeables. Et elles font ensuite les délices des palais. Et croyez-vous qu’il y ait deux sortes d’oliviers? Une sorte qui donne les olives vertes, l’autre, les olives noires? Si vous avez répondu oui, vous vous êtes trompé. Les olives vertes sont les fruits qui n’ont pas encore atteint la maturité, alors que les noires sont mûres. Pour ma part, j’aime les deux. Et je peux vous dire qu’on s’est gavés là-bas. Elles sont délicieuses.

Alors que nous descendons la voie romaine, vers l’île de Jerba, nous croisons des convois de policiers, venus en éclaireur pour Khadafi, président de la Lybie, à Tunis pendant notre séjour. Le président préfère emprunter la route plutôt que de prendre l’avion. Et toujours sur cette route, nous croisons des centaines de camions qui viennent de la Lybie pour s’approvisionner en Tunisie, car la Lybie fait encore l’objet d’un embargo de plusieurs pays. C’est impressionnant à voir.

Sur la route, on arrête dans des habitations troglodytiques, dont certaines sont encore habitées par des Berbères. Hallucinant. On visite l’une de ces maisons. L’ordre et la propreté y règnent. Et la visite n’était pas prévue, contrairement à ce que vous auriez pu penser.

Et plus on avance vers le sud, plus le paysage change. La verdure du nord fait place à des terres de plus en plus arides, jusqu’à ce qu’on atteigne le désert de pierres, paysage lunaire entre tous, où rien ne pousse, sauf dans les quelques oasis éparpillés. Ce paysage est tellement particulier que Lucas a tourné là plusieurs scènes de Star Wars. Il faut le voir pour apprécier cette beauté hostile.

On roule encore et toujours, et plus le sable s’impose. Un beau sable qui ressemble de plus en plus au Grand Sahara, et tout doucement, on entre dans une régions sèche, aride, domaine du sable, des dromadaires et des Bédouins. Le Grand Sahara est là dans toute sa majesté. Ici et là, avant de pénétrer dans le désert, on installe de petites clôtures pour tenter de contrer la désertification qui se fait de plus en plus pressante. À ce qu’il semble, ces ridicules petites clôtures contribuent à diminuer l’avancée des sables.

Et nous voici aux portes du désert. Les dunes sont là, comme on les voit dans les films, à la télé. On est dedans. La tombée du jour approche, et c’est dans un grand brouhaha que se font les préparations des voyageurs, dont nous sommes, pour une petite balade en dromadaire pour aller admirer le coucher de soleil. Comme j’ai mal au genou, je me contente de monter sur une petite charrette tirée par un cheval plutôt maigre qui suit les dromadaires avec peine. Mais je suis aux premières loges pour prendre les photos de cette caravane qui avance dans le coucher du soleil.

C’est tellement beau que j’en oublie presque de les prendre, ces photos. Je sais, ce ne sont pas des Bédouins qui avancent dans le sable, mais la beauté de toutes ces images est à couper le souffle. La brise est douce mais on sent le froid qui tente de s’installer. Ne dit-on pas que dans le désert, les journées sont très chaudes, et les nuits très froides? On réalise la véracité de ces dires. Et au loin, des chiens aboient. Et je pense au dicton : « Des chiens aboient, la caravane passe ».

Et c’est sur ces images que je vous laisse pour cette semaine. Je terminerai mon récit sur la Tunisie dans mon prochain article. Je reprendrai dans le désert, car je dois vous avouer, depuis que j’y suis allée, je rêve d’y retourner pour plus longtemps. Qui sait, peut-être qu’un jour je quitterai le désert de glace pour le désert de sable.

À la prochaine!