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le Vendredi 17 juin 2005 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Divers

Le GTNO à nouveau pointé du doigt

Le GTNO à nouveau pointé du doigt
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Le GTNO a coulé son cours de gaz à effet de serre (GES). Dans la plus récente mouture de son Bulletin Rio, le Sierra Club du Canada lui décerne la note « F » à ce chapitre. Publié une fois l’an depuis 1992, le Bulletin Rio se veut une évaluation du travail entrepris par les différents paliers gouvernementaux pour respecter les engagements pris par le Canada lors du Sommet de la Terre de Rio. C’est la seconde année consécutive que les TNO échouent leur évaluation pour ce qui est des gaz à effet de serre. « Nous ne voyons aucune volonté de la part du gouvernement des TNO d’agir concrètement pour la réduction des gaz à effet de serre », affirme Stephen Hazell, du Sierra Club. Le Bulletin Rio 2005 souligne que les TNO ne se sont fixés aucun objectif territorial de réduction des GES et n’ont pas modifié le code de l’habitation pour exiger que les nouvelles constructions respectent la norme d’isolation R2000. Mais c’est surtout l’intérêt du GTNO pour le développement pétrolier et gazier qui lui vaut la foudre du lobby environnementaliste. « Si vous devenez un producteur de pétrole et de gaz naturel, la nature même de la bête fait en sorte que vous allez augmenter vos émissions. Vous ne les réduirez pas », prévient Hazell. Selon le Bulletin, un développement accru de l’industrie gazière des TNO pourrait faire de nos émissions de GES per capita, déjà très au-dessus de la moyenne nationale, « les pires au monde ». Entre 1996 et 2001, les émissions de GES des TNO, dont le tiers sont attribuables à l’industrie minière et pétrolière, ont augmenté de 60 %. Le porte-parole du Sierra Club évoque aussi le problème d’image que cause l’attitude du GTNO face à la question des GES. « Nous savons que l’Arctique, dont les Territoires du Nord-Ouest, est déjà très affecté par les changements climatiques. Et maintenant les TNO se lancent dans l’industrie pétrolière et gazière. La belle affaire ! Ça crée un problème d’image, ça ne fait aucun doute », dit-il. Projet gazier Bien entendu, le Projet gazier du Mackenzie est au banc des accusés cités par le Sierra Club, qui dirige la campagne « Mackenzie Wild » ouvertement opposée au mégaprojet de 7 milliards de dollars. Le Bulletin Rio en entier est un réquisitoire contre le Projet gazier, et ce tant sur le plan territorial que national. On y accuse, tour à tour, le Projet gazier du Mackenzie d’être « une menace à la biodiversité » et « un désastre écologique ». Tout cela, en indiquant que le processus de révision du projet est inadéquat. Cela vaut d’ailleurs des mauvaises notes aux gouvernement territorial et fédéral, tous deux officiellement favorables au mégaprojet. Stephen Hazell estime, en outre, qu’il est grand temps que le GTNO reconnaisse « qu’une grande partie sinon la totalité » du gaz qui sera extrait dans la le delta du Mackenzie est destinée à l’industrie des sables bitumineux albertains. « Qu’on arrête de nous dire que le gaz s’en va dans les marchés. C’est un mensonge », s’énerve Hazell qui assure avoir personnellement fait parvenir toute la documentation à ce sujet aux ministres de l’Environnement, Micheal Miltenberger, et de l’Industrie, Brendan Bell. « Maintenant, ils ne peuvent plus dire qu’ils ne sont pas au courant. » Pour améliorer notre note l’an prochain, Hazell suggère que le GTNO investisse dans les énergies renouvelables, notamment l’éolien. Il invite également à reconsidérer l’enthousiasme pour l’énergie hydroélectrique qui, dit-il, n’est pas si verte que ça. Lorsque des forêts sont immergées, note-t-il, le carbone des arbres s’échappe dans l’air augmentant ainsi nos émissions de GES. Au moment de mettre sous presse, le ministre de l’Environnement et des Ressources naturelles des TNO n’avait pas retourné nos appels.