On pourra dire qu’on y aura goûté, nous les électeurs, commettants, citoyens, habitants, résidents. Appelez-nous comme vous le voulez, ce n’est pas ça qui nous empêchera d’y avoir goûté.
Ainsi, nous, aux TNO, deux démissions ont été déposées, en même pas un an d’intervalle. Les raisons profondes ayant poussé les députés en question à remettre leur avis sont bien connues de tous, et même si les motifs invoqués publiquement diffèrent des raisons invoquées, et ne trompent personne, l’honneur est sauvé? Pas certaine! La confiance est ébranlée, mais pour combien de temps. Seul l’avenir pourra en témoigner, et encore! Veux-t-on vraiment le savoir?
Et que dire du fédéral? Je n’ai ni les compétences journalistiques ni l’envie citoyenne de vous brosser un portrait complet de tout cet imbroglio, pour ne pas dire cette boîte de Pandore. Pour ceux qui se demandent bien qui est ce Pandore, et ce que c’est exactement, cette boîte, voici une petite explication tirée de mon dictionnaire (rien de tel que de consulter le dictionnaire pour avoir une brève définition de quelque chose qu’on ignore!).
D’abord, dans la mythologie, Pandore, c’est une femme, la première et elle est responsable du mal sur la Terre (tiens, tiens, une autre Ève! Avez-vous remarqué que ce sont toujours les femmes qui sont responsables des grands maux de ce monde?). Donc, je reviens à Pandore. Elle ouvrit le vase où Zeus avait enfermé les misères humaines, d’où sa responsabilité du mal sur la Terre. Dans la boîte, ne resta que l’espérance. Vous voyez un peu. Et Dieu sait (pour ne pas dire Zeus sait) qu’on en parle à Ottawa, par les temps qui courent, de cette fameuse boîte. Si vous écoutez bien les commentaires des journalistes qui commentent ce qui se passe à la Commission Gomery, peu de journées se passent sans que cette expression revienne.
Donc, les Canadiens écoutent avec ébahissement les entourloupettes qu’ils se sont fait passer ces dernières années, pour ne pas dire cette dernière décennie, car ça duré et duré. On ne peut pas dire que les choses se soient passées dans la transparence, pour utiliser un euphémisme! Et on dirait que ça n’a jamais de fin. Vous en avez été témoins comme moi. Chaque soir, devant le petit écran, on apprenait de nouveaux faits qui nous renversaient encore plus que le soir précédent. Et comble de malheur, on n’entendait que le résumé bien court, tous les soirs. Le pauvre juge! Il n’a pas fini de compiler des dizaines de milliers de pages remplies des pires vilenies. Pas évident de résumer tout ça. Son travail est loin d’être terminé. On n’ose à peine imaginer les têtes qui vont tomber suite à tout ça. Le juge a toute notre admiration et tout notre respect de pouvoir affronter un tel grabuge dans une relative sérénité. Plus d’un aurait craqué à moins!
Et voici qu’hier, au Québec, un autre drame se joue : l’homme pressenti par plusieurs pour paver la route à l’indépendance donne sa démission, face à un vote de confiance pas acceptable, à son avis. La chose s’est passée hier (j’Écris toujours mes articles le dimanche matin), et la poussière n’a évidemment pas eu le temps de retomber. Mais déjà, les spéculations vont bon train sur un remplaçant éventuel. Oui, messieurs, dames, ça spécule pas à peu près. La politique est vraiment cruelle. Les gens ont à peine le temps d’exprimer leur regret de voir partir l’ancien que déjà les langues vont bon train sur celui qui le remplacera. Et pour une démission surprise, on peut dire que c’en est une vraie! Mais il ne faut surtout pas croire que les raisons ayant poussé le chef du PQ à s’en aller ont quelque chose en commun avec les deux démissions que nous avons eues ici. Ce serait plutôt l’opposé. Mais encore une fois, je n’ai pas envie d’analyser cet événement plutôt inattendu, et je tiens à vous laisser le soin d’y réfléchir.
Pour en revenir à mon idée maîtresse, on peut dire, sans se tromper, que les électeurs canadiens, ténois, québécois doivent avoir la couenne dure pour passer à travers tout ça, mais surtout pour envisager sereinement d’éventuelles élections. Car n’oubliez pas, vous devrez aller aux urnes dans peu de temps pour élire un gouvernement fédéral qui aura sans doute du mal à établir un climat de confiance auprès de vous. Attention aux promesses et aux cadeaux! Analysez bien tout ça! Oui, les politiciens auront sans doute plus de mal que jamais à faire croire aux électeurs canadiens le bien-fondé de leurs intentions. Ne dit-on pas que Chat échaudé craint l’eau froide? Et disons que le chat y a vraiment goûté, ces derniers temps.
Je vous laisse réfléchir à tout ça. Mais il ne faudrait surtout pas oublier que dans tout ça, il y a des personnes bien intentionnées, fiables, honnêtes, qui veulent faire évoluer les choses et dont les intentions vont bien au-delà de leur petit ego.
Et pour terminer, un petit mot sur Pandore. Si cette femme a ouvert une boîte pleine de tous les maux, avez-vous remarqué que dans le programme des commandites, elles sont bien peu présentes, les femmes? Avez-vous remarqué que là, c’est plutôt le sexe fort qui est sur la sellette? Mais je m’égare. La guerre des sexes n’est pas le but de mon article. Je n’ai pas fini de réfléchir à tout Ça. Et je crois que nous aurons bien l’occasion d’y revenir. Là-dessus, je vous souhaite de ne pas vous laisser envahir par le découragement, quand viendra le temps de voter.
Et bonne semaine! À n’en pas douter, elle sera remplie de rebondissements!
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