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le Vendredi 12 novembre 2004 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Divers

Sur les routes de la Turquie

Sur les routes de la Turquie
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Où en étais-je? Ah oui!. Je me dirigeais vers la Cappadoce, région mystérieuse sur la terre en fut-il une. Les volcans ont craché, il y a des milliers d’années, et répandu du tuf, ce qui a été érodé par les ans, et donné ce qu’on appelle les cheminées de fée, des genres de colonnes, avec souvent une pierre sur le dessus, pierres qui ont été crachées par le volcan également, mais qui en raison de leur dureté, n’ont pas subi le même genre d’érosion que le tuf. Résultat. Un paysage lunaire hallucinant.

Nous sommes restés trois jours dans ce magnifique environnement où le temps ne se compte plus de la même façon. Malgré la saison avancée, le tourisme y abonde toujours.

On a appris que Luc Besson était dans la région pour y tourner un film. Luc Besson? Vous savez celui qui a fait le film Le grand bleu! Vous vous souvenez? M’enfin, mon but n’est pas de vous faire un cours de cinéma.

Dans la région, il y a beaucoup de soufis, relevant du soufisme, une branche de l’islam assez particulière, rattachée à Mevlana. Et qui retrouve-t-on dans cette région, reliés à cette religion? Les célèbres derviches tourneurs. Une personne du groupe qui ne connaissait pas les derviches tourneurs a posé une question au guide, en prononçant à l’anglaise ce nom, ce qui donnait un peu deurvichhhhhh Tourrrrneurrrr, et que j’ai bien vite transformé en Dervich Turner, comme un M. Turner dont le prénom est Dervich. On a bien rigolé avec ça, grâce à Réjean, qui m’a d’ailleurs fait rigoler à maintes reprises.

Ainsi, il ramassait de petits cailloux pour sa petite-fille, afin qu’elle puisse mettre ça dans son crésor, non, pas de faute de frappe, elle appelait ça son crésor. Donc, la petite (dont j’oublie le nom) est devenue Crésor, et elle a fait un bout de chemin avec nous. Un matin, où nous avions dormi à Izmir, deuxième grosse ville de la Turquie, après Istambul, alors que notre hôtel était situé en plein centre-ville et où la pollution entrait par la fenêtre si on l’ouvrait, Réjean, toujours le même, nous a sorti cette phrase célèbre : un peu plus et on se réveillait mort. Faut le faire, se réveiller mort. Bref, on a bien rigolé dans ce voyage.

Les ruines romaines et grecques sont pléthore en Turquie, et pour qui s’intéresse à l’histoire ancienne, les visites ne manquent pas. Un plaisir pour les amateurs d’Histoire.

Vous connaissez l’histoire des petites bouteilles dans les villages? Eh bien, je vous passe l’histoire au complet, mais qu’il suffise de dire que dans les villages, les bouteilles sur les toitures disent s’il y a des filles à marier dans la maison. Si la bouteille est debout, il y a des filles à marier. Si la bouteille est renversée, la fille est promise (enfin, il me semble). Donc, quand on sait ça, quel plaisir de regarder sur les toitures pour voir la situation matrimoniale de l’ensemble du village. Ce détail passé auparavant inaperçu prend tout à coup une signification tout autre.

Et tout à coup, on se retrouve sur le bord de la Méditerranée, à Antalya, là où on trouve la porte d’Hadrien de même que des ruines romaines, grecques et byzantines, dont le temple d’Artémis, l’une des sept merveilles du monde au VIIe siècle avant Jésus-Christ. Pas assez de deux yeux pour tout voir. On ne fait que fouler l’Histoire. Il faudrait y demeurer quelque temps pour s’en imprégner. Mais bon, on a tout de même la chance d’y être.

On se dirige ensuite vers Aphrodisias, où on trouve un des stades les mieux conservés de l’Antiquité, l’Odéon et en route pour Pamukkale, site de terrasses en calcaire absolument hallucinantes. On dirait de la glace! Merveilleux. On appelle également ce lieu le château de coton, car sa blancheur rappelle les champs de coton environnants. Et on trouve dans ce coin perdu, pour ceux qui croient en la Vierge, le lieu où cette dernière aurait terminé sa vie. Grand endroit de pélerinage. La mère du Christ serait en effet venue s’installer au sommet de cette montagne à la fin de sa vie. Est-ce vrai? Je ne suis pas là pour vous l’affirmer, mais si je m’en remets aux dévotions qui s’y font, je peux vous dire qu’ils sont plusieurs à croire que oui, c’est vrai.

Sur le haut de cette montagne, j’y ai rencontré une petite religieuse (je ne me souviens plus bien de la sorte, mais genre servante de Marie-Immaculée) qui nous a affirmé avoir été à Montréal pour partir un couvent, mais être revenue en Turquie. Faut dire qu’elle était arrivé à Montréal en hiver, des sandales aux pieds. Dur, non?

Et on repart pour Pergame, où se trouve l’Acropole. La bibliothèque rénovée y est impressionnante, et l’Acropole l’un des mieux conservés. Et en route vers Troie. Le site est plutôt décevant par rapport à d’autres vus précédemment, et le gros cheval en bois qu’on y a construit vise davantage à amuser les enfants qu’à faire revivre des moments historiques. Mais bon!

Et on se retrouve sur les bords de la mer Égée, près du détroit des Dardanelles, qu’on traversera le lendemain, pour se diriger vers Istambul, où on bouclera la boucle, la tête bourrée de souvenirs impérissables. Les images sont bien gravées.

Les amoureux d’Histoire se régaleront d’un voyage en Turquie. C’est certain que le fait de voyager avec un groupe simplifie la vie et permet d’économiser du temps et d’ainsi maximiser les visites qu’offre ce grand pays. Pour ma part, je me suis dit que j’aimerais retourner dans la Cappadoce pour revoir ce paysage lunaire recouvert de neige. Mais il s’agit là d’un projet à plus long terme, et j’ai bien le temps d’aller ailleurs avant de pouvoir réaliser ce projet.

J’espère avoir réussi un peu à vous transmettre le goût de ce pays, et je vous souhaite de réaliser les voyages de vos rêves! À la prochaine!