C’est en badminton que les jeunes Franco-Ténois ont le mieux performé. Au total la délégation a récolté six médailles dans cette discipline. Éric Aitken a remporté l’or en simple masculin, Derek Graf et Jennifer Waugh ont également obtenu l’or en double mixte, Stephane Pontus et Chris Aitken ont raflé l’argent en double masculin et Danielle Pontus a ramené le bronze en simple féminin. Des quatrièmes places ont aussi été obtenues en athlétisme, la seule autre discipline.
Dans les circonstances, la performance des Ténois est plus qu’appréciable. Car, il faut bien le dire, notre délégation s’est un peu organisée à la va-comme-je-te-pousse. « Les conditions gagnantes n’étaient pas là, raconte Sébastien Dallaire, un des organisateurs du Comité de coordination jeunesse de la Fédération Franco-Ténoises. Nous avons commencé très tard le recrutement. Nous avions beaucoup de retard, peu de ressources, peu de moyens et peu d’expérience. Alors c’était vraiment un gros défi de monter une délégation en si peu de temps. En plus la réalité, ici, est différente de celle des autres [délégations] . Entre autres, la plupart des gens, ici, sont de l’extérieur, alors quand la fin de l’école arrive, les jeunes s’en vont. L’école finissait le 25 juin et l’événement était le 30 juin. Ça n’a pas aidé à gonfler le nombre d’inscriptions, d’autant plus que nous avons un bassin de jeunes assez limité. »
À moins d’un mois du départ, les TNO n’avaient toujours pas formé leur délégation. « Nous avons pensé abandonner. », confie Sébastien. Mais lui et son collègue Patrice Lapointe ont retroussés leurs manches et ont réussi à recruter un groupe… plus petit que ce qu’ils espéraient. « On s’attendait à 30, 40 [inscriptions], dit Sébastien. Finalement on en a eu une vingtaine. Puis cela baissé à 18. Puis à 16 le jour du départ. » Cette délégation avait également une moyenne d’âge plus jeune que les autres. Les Jeux s’adressent aux jeunes de 12 à 18 ans, mais, règle générale, se sont surtout les 15 à 18 ans qui y participent. La moyenne d’âge de notre délégation, indique Patrice Lapointe, était quant à elle plus près de 14 ans.
« Finalement, nous avons eu six médailles pour 16 participants, alors c’est assez bon, je pense », tranche Morgan, une des jeunes participantes. On ne saurait mieux dire !
Langue
Mais si c’est d’abord le sport qui attire les jeunes, faire la promotion de la langue française demeure l’objectif principal de ces Jeux. Encore là, les objectifs ont été atteints.
« Pour nous c’est plus difficile d’avoir seulement des jeunes francophones, alors notre délégation était en bonne partie formée de francophiles. Mais les francophiles sont d’excellents ambassadeurs aussi», commente d’amblée Sébastien qui estime que 90 % des participants ténois étaient des francophiles. Pour lui, les Jeux sont une expérience inestimable pour les jeunes et leur permettent de vivre la réalité francophone. « Les jeunes n’ont pas souvent la chance de vivre ça, une semaine en immersion française, dit-il. Ils suivent des cours en français, mais ils n’ont souvent pas d’autres endroits que l’école pour parler le français. [..] Alors quand nous emmenons ces jeunes pour une fin de semaine, qu’on passe trois jours entièrement en français, cela a un impact considérable sur la perception du jeune par rapport à la langue. À l’école, l’apprentissage est très technique, mais dans le contexte des jeux il y a une dimension nouvelle : l’émotion. »
Un point de vue que partagent, à quelques nuances près, les jeunes qui jugent pour la plupart que leur français s’est amélioré durant ces trois jours. « Quand on est revenu à Yellowknife, raconte Eric, j’ai eu le réflexe de m’adresser en français à ma mère. » C’est ce genre d’histoire qui rend Sébastien et Patrice très fiers du travail qu’ils ont accompli. Il ne semble y avoir que Stephane à ne pas voir de différence. « C’est la même affaire », lance-t-il, laconique.
Et là-bas, tout se passe uniquement en français ? Quand la question tombe, les deux organisateurs s’échangent des regards narquois, l’air de dire :« Allez, celle-là est pour toi. » Sébastien se lance finalement : « C’est la règle première. Mais c’est sûr que la réalité est différente. Parfois, le soir, quand les jeunes sont plus fatigués, on observe un relâchement. Mais il faut toujours intervenir et toujours rappeler aux jeunes pourquoi ils sont là : pour vivre en français. » Patrice renchérit : « Notre chance c’est que nous étions cinq accompagnateurs pour 16 jeunes, alors c’était plus facile de les encadrer. Une grosse délégation de, disons, soixante personnes avec une dizaine d’accompagnateurs va avoir plus de difficulté à obtenir le même résultat tout simplement parce qu’ils ne peuvent pas être partout à la fois. »
Pour inciter les jeunes à parler en français, les accompagnateurs avaient un stratagème : ils disposaient chacun d’un lot d’épingles à linge qu’ils agrippaient sur les vêtements de ceux qu’ils surprenaient à parler anglais. Les jeunes « épinglés » pouvaient à leur tour redistribuer leurs épingles aux fautifs. « On les refilait aux plus jeunes et à ceux qui étaient moins smatte », commente Danielle en riant.
Au bout du compte c’est à la fin que l’impact de l’immersion s’est le plus fait sentir. « Tous les jours, quand je rentrais dans la chambre des gars, ils parlaient en anglais, se rappelle Sébastien. Mais le dernier jour, je suis rentré dans leur chambre et ils parlaient en français. J’ai dit ‘’ça y est, mission accomplie !’’ »
À l’an prochain
Les prochains Jeux francophones auront lieu en juillet 2005, à Winnipeg au Manitoba. Ce sera une compétition pan-canadienne, cette fois. Sébastien et Patrice comptent bien y présenter une délégation ténoise et surtout s’y prendre un peu plus tôt cette fois.
La nouvelle ravit manifestement les jeunes qui affirment unanimement qu’ils en seront. Ils invitent d’ailleurs plus de jeunes à participer afin de pouvoir prendre part à plus de disciplines, notamment au volet culturel de l’événement. « S’il y avait eu une équipe d’impro, dit Kalie, une autre participante, j’aurais été dedans, c’est sûr. J’aime ça l’impro et l’art dramatique. » L’année prochaine, peut-être.
Les TNO font bonne figure Jeux francophones du Nord et de l’Ouest
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