(Mercredi 3 mars 2004) – …Alexei Kovalev.
Comme bien des partisans des Canadiens de Montréal, l’acquisition de l’ailier droit Alexei Kovalev suscite un enthousiasme certain. Depuis le départ de Damphousse, Turgeon et Recchi, le club n’a jamais été en mesure d’offrir à ses partisans un joueur étoile à l’attaque. Kovalev sera ce joueur.
Le club compte déjà quelques bons joueurs qui n’auraient aucune difficulté à se trouver une niche sur le deuxième trio d’à peu près toutes les équipes de la ligue, sauf Colorado. Avec l’émergence de Mike Ribeiro, les Canadiens comptent sur deux excellents joueurs de centre, mais il manquait ce compteur naturel pour compléter les jeux. Puisque le trio de Ribeiro, Dagenais et Ryder fonctionne bien, tous s’attendent à voir Kovalev jouer sur un trio avec Koivu et Zednik. Qui sera l’ailier gauche? Avec un seul échange, voilà que l’attaque du club devient beaucoup plus dangereuse.
Cet échange devrait aussi rehausser le moral des troupes. La direction de l’équipe vient de poser un geste important pour améliorer le club, sans en transformer la chimie. Puisque Kovalev viendra combler un vide évident, il n’est pas vraiment nécessaire de rétrograder qui que ce soit. En effet, on se doutait tous que Perreault n’était qu’en transit sur le trio de Koivu et ce n’est pas Bulis qui pouvait prétendre avoir une mainmise sur ce poste. Il sera aussi un bon compagnon pour le pauvre Markov, l’autre joueur russe du club.
Il faut aussi ajouter que, sans être un colosse, Kovalev apporte du poids à l’attaque du club avec ses 6’2» et ses 220 livres.
Le revers de la médaille.
Comment Kovalev va-t-il s’adapter à son nouveau club? Question esprit de corps, l’échange est venu à point puisque le club entame un périple de quatre joutes dans l’Ouest américain. Sur la route, les joueurs habitent le même hôtel, mangent souvent aux mêmes restaurants, bref ont de multiples occasions de socialiser ensemble. De plus, Kovalev fera ses débuts loin de la frénésie des médias montréalais, ce qui n’est pas à négliger.
C’est son adaptation au système défensif du club qui me tracasse le plus. Je ne connais pas assez Kovalev pour savoir s’il est en mesure de s’intégrer rapidement au nouveau système de jeu ou même de se plier à de nouvelles directives. N’oublions pas qu’il a principalement évolué avec des équipes d’abord orientées vers l’attaque : Pittsburg et New-York. Or, sans la participation active de chacun des joueurs du club, les Canadiens ne seraient pas parmi les huit meilleurs clubs de sa conférence cette année. On’ na qu’à penser à la toute dernière débandade du club après le match des étoiles pour s’apercevoir à quel point leur système défensif est important dans leur succès.
Il ne faut pas trop espérer un impact positif rapide de ce nouveau venu. S’il obtient une dizaine de points d’ici la fin de la saison ( en15 matchs ), il faudra se montrer satisfait.
Quant aux concessions de Bob Gainey dans cet échange (Joseph Balej et un choix de deuxième ronde), c’est un bon bargain comme on dirait par chez nous. Les Canadiens sont les mieux nantis de la ligue en termes de joueurs d’avenir. C’est donc un bas prix qui était demandé pour avoir la chance de voir à l’œuvre Kovalev dans l’uniforme des Canadiens, ne serait-ce que pour quelques semaines.