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le Vendredi 4 avril 2003 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:35 Éducation

Commission scolaire francophone Voir à long terme

Commission scolaire francophone Voir à long terme
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Au moment où les négociations pour le renouvellement du protocole d’entente sur l’Éducation entre les gouvernements territorial et fédéral commenceront, la Commission scolaire francophone de division (CSFD) pourra appuyer ses demandes sur un outil de taille. Le consultant Marquis Bureau était aux TNO, la semaine dernière, pour préparer son rapport sur les besoins de la commission scolaire dans les cinq, dix, et même 15 prochaines années.

« L’été et l’automne dernier, nous voulions avancer avec nos projets de construction, en particulier à Hay River, et on a pensé qu’il faudrait connaître les besoins de la commission scolaire et de la communauté de parents pour les prochaines années », d’expliquer le directeur général de la CSFD, Gérard Lavigne.

La visite de M. Bureau aux Territoires du Nord-Ouest a pour but de rencontrer tous les intervenants de la francophonie ténoise et de l’éducation en français, langue première. « La façon dont je vois mon rôle, d’ici le mois de mai, c’est de rencontrer le maximum de gens possible. Utiliser des approches multiples d’entrevues individuelles ou de groupe, faire des entretiens téléphoniques avec des gens-clés des quatre communautés », d’expliquer le consultant.

Bien que certaines données recueillies seront d’ordre quantitatif, M. Bureau croit qu’une partie de son travail concerne le rêve. « Il faudra faire en sorte qu’on va pouvoir planifier, anticiper, rêver », d’expliquer celui qui utilise une technique d’entrevue que l’on appelle open space. « C’est une technique d’animation qui permet aux gens de travailler à partir de leur propre expérience, de mettre en place leur propre ordre du jour pour la réunion et d’organiser les sujets à partir de là », de préciser Marquis Bureau.

La recherche de données statistiques sera aussi au centre du travail de M. Bureau et de sa collègue, Thérèse Boutin. « M. Bureau est mandaté pour voir le service que l’on donne et décrire la population existante. Il va voir aussi si, à la commission scolaire, nous avons tous les ayants droit, ou à peu près. S’ils sont ailleurs, nous pourrons aussi avoir une idée de stratégie sur les manières d’aller les chercher », de signaler M. Lavigne.

Le rôle même de la commission scolaire fera aussi l’objet d’une section du rapport final de M. Bureau, que l’on attend pour la semaine du 12 mai. « La CSFD est tout de même nouvelle. Il faudra que l’on regarde sa croissance et ses rôles. Il s’agit d’un nouvel élément dans la dynamique franco-ténoise. Il y a aussi la possibilité de s’assurer que l’on mette en place un réseau d’écoles, mais, en même temps, que chaque école puisse s’épanouir de sa propre façon et reflète sa communauté ». Le consultant croit que la partie la plus excitante de son travail sera de permettre à chaque communauté « de façonner et de fabriquer l’école de son choix ».

Les communautés francophones de Fort Smith et d’Inuvik, qui ne profitent actuellement pas d’un programme d’éducation en français langue première, seront aussi traitées dans le rapport de Marquis Bureau. « Dans le cas de ces communautés, c’est plutôt une discussion. On veut s’assurer, de façon statistique, que l’on puisse être en mesure d’établir la situation », dit-il. « On a demandé à M. Bureau d’examiner le nombre d’ayants droits à Fort Smith et Inuvik, même s’il n’est pas question que l’on ait d’école à ces endroits dans les quelques prochaines années. Nous voudrions voir quels seraient leurs besoins possibles et s’il y a quelque chose que l’on pourrait faire avec les commissions scolaires existantes, ou si l’on peut faire quelque chose à distance », ajoute Gérard Lavigne.

Les autres points à étudier, pour M. Bureau, sont les besoins en infrastructures, le financement, l’utilisation des technologies, le recrutement et le perfectionnement du personnel. Le côté légal de l’éducation en français langue première, avec la Charte canadienne des droits et libertés, sera aussi considéré. « Nous verrons quels genres de services on veut offrir dans chacune des écoles et aussi savoir ce que les parents et les enseignants veulent », de préciser Marquis Bureau.

Au cours des prochaines semaines, le consultant déposera un rapport préliminaire. À ce moment, il ne sera pas trop tard, pour les franco-ténois, pour donner leur point de vue sur la situation. « Ça permettra de présenter l’ébauche du rapport final, qui sera remise aux commissaires pour consultations et finalement, il s’agira de produire le rapport final », d’expliquer Marquis Bureau, qui admet que l’échéancier est tout de même serré. « Mais c’est un processus qui est dynamique et vivant. À n’importe quel moment, si des gens veulent être consultés ou s’ils ont quelque chose à dire, ils sont toujours les bienvenus », dit-il. Ceux qui désirent entrer en contact avec M. Bureau peuvent le faire en communiquant avec la CSFD ou en lui envoyant un courriel à marquis@mbureau.com. Les premiers commentaires devraient être parvenus au consultant avant le 15 avril, afin qu’ils soient considérés dans le rapport préliminaire.