le Dimanche 8 février 2026
le Vendredi 21 mars 2003 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:35 Divers

Maudite guerre!

Maudite guerre!
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En ce dimanche 16 mars, je peux difficilement écrire sur un autre sujet que celui de la guerre. En effet, à la veille de grandes décisions aux Nations Unies, mon esprit est totalement accaparé par cette grande question, tout comme vous, j’en suis certaine. Quand vous lirez cet article, les décisions auront peut-être déjà été prises… ou peut-être en serons-nous rendus à un autre ultimatum, un dernier report pour tenter de raisonner le président états-unien. Mais est-il possible de raisonner cet homme qui semble tellement entêté que c’est à en frémir? Je ne crois pas, tout comme bien des gens, d’ailleurs! Cet homme semble incapable de toute souplesse et surtout, il semble incapable de comprendre les grands enjeux qu’une guerre pourrait avoir, la « big picture », comme disent les anglophones. Il ne semble pas vraiment capable de voir autre chose que les États-Unis et même au sein de son pays, il ne semble pas voir la grande pression de ses ouailles contre une guerre annoncée.

La question de l’Irak est d’une complexité telle que je ne saurais même vous la résumer. Il y a cependant de grands dossiers que certains journaux français ont préparés pour expliquer la complexité de la chose. Je suis certaine que vous pouvez trouver vous-même des sources sûres pour comprendre la situation. Je veux tout simplement réfléchir avec vous à une situation qui déteint sur notre subconscient et qui crée en nous une grande incertitude, probablement la plus grande que nous aurons jamais connue depuis la dernière grande guerre.

Le grand enjeu, derrière tout ça : je ne dévoile rien en disant qu’il s’agit bien du pétrole. En effet, l’Irak est l’un des pays du monde où il y a le plus de pétrole. Certains d’entre vous me diront : « Mais on nous dit qu’il y a des quantités effarantes de pétrole au Canada? » Eh bien! la raison en est simple : le pétrole au Canada coûte une fortune à exploiter, particulièrement les sables bitumineux. Donc, ce pétrole se vendra à prix d’or quand il ne restera plus que ça à exploiter. Mais comme disait une personne de ma connaissance : « Ne me dites pas qu’on ne pourrait pas exploiter d’autres sortes d’énergie pour faire fonctionner la planète! » Mais pour l’instant, Bouche a décidé d’aller chercher le pétrole qu’il y a en Irak. Ne vous trompez pas, il s’agit bien là du principal enjeu de toute cette guerre qui s’en vient. Les armes de destruction massive? Ça ne l’énerve pas plus qu’il ne le faut. Regardez la Corée du Nord. Ils ont de telles armes et à peine si on s’en soucie, chez notre voisin du Sud. Non, non, ce ne sont pas les tyrans, les armes de destruction massive, le pauvre monde qui crève de faim qui énervent notre ami du Sud, mais le pétrole.

Hier, samedi, de grandes marches ont été organisées partout dans le monde. Cependant, les foules avaient diminuées. Serait-ce que les gens se résignent face à une guerre inévitable? On dirait vraiment que c’est le cas. Sauf à Montréal (si je ne me trompe), où la foule a été encore plus nombreuse que la première fois, partout ailleurs, le nombre de participants était à la baisse. Attention! N’allons surtout pas croire que ces manifestations n’étaient pas importantes et ne signifient plus rien! Bien au contraire, mais elles ont diminué. J’entendais quelqu’un de Radio-Canada faire un topo là-dessus et vous surprendrai-je si je vous dis que la dernière fois qu’il y a eu de telles manifestations de gens dans la rue, c’est à la veille de la Deuxième Guerre mondiale. Rassurant, n’est-ce pas? Donc, les gens marchent encore, mais l’espoir diminue au fur et à mesure que le président du pays voisin (brrrrr! C’est à donner des frissons!) prend de l’à-pic et à de plus en plus l’impression qu’il mesure 7 pieds, non je ne me suis pas trompée de touche.

Par contre, les rumeurs de limogeage de Tony Blair se font de plus en plus persistantes. Pendant que le président états-unien, Tony Blair et le président espagnol, José Maria Aznar, fourbissent leurs armes, les Anglais se préparent à désister leur chef. Une ministre de son Cabinet qui a osé prendre position contre son chef n’a pas été obligée de démissionner, en Angleterre, contrairement à la tradition dans une telle situation. Normalement, elle était obligée de remettre sa démission, mais comme l’opinion est très partagée chez les élus anglais face à la question de la guerre, cette femme a pu conserver son poste. Comme on le voit, Tony Blair est sur le bord de la porte depuis qu’il fait le jeu des États-Uniens et que, conforme à la bonne vieille habitude britannique, il sait très bien que diviser pour régner, c’est une formule qui a toujours bien marché dans le monde diplomatique. Le président états-unien le sait bien, lui aussi!

De son côté, Jacques Chirac est devenu le président de tous les arabes, que j’entendais l’autre jour, alors qu’il a rendu visite à l’Algérie, et qu’il était le premier président français à le faire depuis que l’Algérie a obtenu son indépendance. En effet, la prise de position du président lui a accordé une cote d’amour inégalée. Quand il y a eu la grande manif à New York, il y a un mois, les Français étaient sur la sellette, grâce à leur président. Par contre, les médias états-uniens qui transmettent la parole de leur président traitent les Français de tous les noms et boycottent les produits français. Les clans sont vraiment en train de se démarquer et le monde entier est en train de se diviser. À faire peur!

Jean Chrétien a bien dit qu’il n’irait pas en guerre sans l’approbation de l’ONU. Bravo! Mais à mesure que le temps avance, nos espoirs s’évanouissent pour faire place à une crainte bien justifiée. Ceux qui croient prient. Ceux qui ne croient pas se croisent les doigts. Les diplomates jouent de plus grandes tactiques. Une guerre fera mal, partout, même dans le Nord. Quand vous lirez ces lignes, nous en saurons plus sur les décisions qui auront été prises. genevharvey@yahoo.com