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le Vendredi 21 février 2003 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:35 Divers

Le doigt sur le piton!

Le doigt sur le piton!
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J’ai rencontré une personne qui m’a rappelé une image qui circulait aux moment de la Guerre froide, à l’époque où l’URSS représentait le danger ultime et où les deux superpuissances se regardaient du coin de l’oeil. On se disait que le monde serait foutu, le jour où un fou aurait accès au piton de déclenchement des armes nucléaires. On se disait que Paf! Un bon jour, malgré toutes les précautions, malgré tous les codes secrets, malgré toutes les prières de toutes les religions confondues pour empêcher cela, une personne pas trop futée aurait accès à ce piton, et Paf! C’est ainsi qu’on voyait le début d’une guerre mondiale de troisième type qui détruirait une partie de l’humanité, sinon toute l’humanité. Eh bien! tenez-vous bien, car cette personne pas trop futée qui a le pouvoir de peser sur le piton, elle est là, et elle porte un nom bien évocateur pour le Nord, surtout en anglais : Bush! Et comme les États-Unis n’ont plus vraiment de grande puissance pour leur tenir tête, un autre bloc pour retenir leurs ardeurs, et bien, la tentation est trop forte, à ce qu’il semble, pour ce petit républicain texan, incapable de prononcer correctement nuclear et qui se contente d’un nuquelar. On m’en avait parlé, je l’ai écouté, et c’est bien le cas. Il a le contrôle du nucléaire, mais il ne sait pas comment l’exprimer. De toute façon, je crois que sa compréhension du monde en général est assez restreinte et qu’elle se limite d’assez près à un doigt sur le piton.

Oui, George W. veut faire plaisir à son paternel et régler une fois pour toutes une Guerre du Golfe qui avait laissé la vie sauve au tyran d’Irak. Oui, il a décidé d’aller chercher pour les États-Unis une réserve de pétrole qui va reporter aux calendes grecques les besoins pétroliers des États-Uniens! Oui, il vaut faire preuve de fermeté et d’autorité et imposer sa façon simpliste de penser. Sauf qu’il y a un petit hic, cow-boy Bush, pour ne pas dire un grand hic qui va peut-être vous empêcher de commettre l’irréparable, soit de presser le bouton ou, comme on dit au Québec, péser su’l piton. Il semble régler dans le monde entier, un sentiment partagé contre cette guerre qui menace. Les gens disent non, Vous, moi, disons non. Les Américains sensés, les Canadiens et les gens pacifistes et conscients disent non à la guerre. Vous avez vu, comme moi, les manifestations gigantesques qui se sont produites un peu partout dans le monde. Et une personne dans la rue en représente 10 autres qui n’ont pas pu aller exprimer concrètement leur opposition à cette troisième guerre mondiale qui s’annonce. Donc, les millions de personnes qui ont manifesté samedi ne sont que le pâle reflet de l’opposition généralisée qui règne en ce moment face à l’entêtement de George Bush.

Même Jean Chrétien est a exprimé clairement que le Canada n’irait pas en guerre sans la résolution de l’ONU. On veut plus que ça de lui. On voudrait qu’il affirme que le Canada n’appuiera pas quelque guerre que ce soit contre l’Irak, mais c’est trop demander à notre premier ministre, à ce qu’il semble. Il a été aussi loin qu’il le pouvait: pas de guerre sans résolution de l’ONU. C’est un peu mieux que de suivre les États-Unis les yeux fermés, mais ce n’est pas assez. Enfin!

Je reviens à l’opposition qui se manifeste à l’échelle mondiale et qui crie: Non à la guerre! On veut la paix! Dans les pays de tyrannie et de dictature, on comprend (même si on n’approuve pas et on dénonce) que les dictateurs n’en font qu’à leur gré, mais on se demande souvent, ici, en Occident, comment nos dirigeants comprennent la démocratie. Il semble que la démocratie ne fonctionne que lors du processus électoral et qu’après, cela devienne un concept trop abstrait pour pouvoir être appliqué. Il semble que loin de tenir compte de l’opinion de la majorité, les politiciens en place n’en ont que pour leur gloire personnelle et éphémère et se fichent complètement, mais alors là, vraiment, de ce que pense le bon peuple, les gens qui n’ont aucun pouvoir, comme vous et moi, ou alors peut-être en avez-vous, mais pas assez pour faire pencher la balance.

Je ne suis pas tellement pour la droite française, je ne connais pas la politique en Allemagne, mais il y a une chose que je peux vous dire: je ne peux qu’admirer la façon dont ces deux hommes d’État tiennent tête aux États-Unis et se démarquent dans leur prise de position inébranlable. S’ils pouvaient être suivis par leurs homologues d’autres pays. Par contre, Tony Blair suscite le mépris de tous les opposants la guerre, que ce soit dans son pays ou ailleurs. En Angleterre, on le caricature en pantin de Bush, ce qui traduit bien une réalité assez désolante.

Mon but n’est pas de vous faire peur ni de vous expliquer ce qui va se passer, en cas de guerre. Je tenais tout simplement à m’exprimer sur une situation qui prend tellement d’ampleur et qui suscite tellement d’émotions. Je ne pouvais pas passer à côté. Souhaitons-nous à tous que quelqu’un l’empêche de peser sur le maudit piton et disons Non à la guerre! genevharvey@yahoo.com